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mémoire deJ-P Bernatets

D.U de Posturologie (2001)

 

 

INFLUENCE DE L’ORTHOPRACTIE SUR LES MESURES STABILOMETRIQUES

 

I.                   But

Le but de cette étude est de montrer par l’intermédiaire d’une plate-forme de stabilomètrie que l’orthopractie modifie le tonus et la stabilité des patients immédiatement après la séance, mais aussi dans les jours qui suivent le traitement.

 

II.                 Introduction

 

Les techniques de massages et de thérapies manuelles ont été utilisées et transmises de génération en génération depuis des temps immémoriaux.

Que ce soit dans les anciennes civilisations ( Chinoise, Egyptienne, Indienne ) ou dans nos campagnes européennes, avec nos rebouteux, les hommes ont toujours essayé, et ce de manière empirique, de soulager les douleurs de leurs contemporains.

Plus prés de nous, dans les années cinquante un pharmacien auvergnat nommé Jean Moneyron est initié aux gestes de reboutement par une religieuse ( Sœur Gérard )

Il  délaisse sa pharmacie pour passer un diplôme d’état de kinésithérapie et soigner ses patients uniquement à l’aide de ses mains.

Il devient vite un thérapeute fort renommé et bientôt débordé par un afflux de patients.

Si bien qu’à la fin des années soixante il s’associe avec un jeune kinésithérapeute du nom de Jean-Luc Safin.

Ce dernier, après vingt ans de collaboration avec J. Moneyron et trente ans de pratique quotidienne essaye d’expliquer et de démontrer avec des moyens objectifs les raisons des ces réussites thérapeutiques.

De ce désir de sortir de l’empirisme de « la méthode Moneyron » et de la rencontre avec la posturologie moderne est née l’orthopractie.

En effet le dénominateur commun entre : posturologie et orthopractie est la position orthostatique .

       La posturologie essaye de soulager celui qui souffre de se tenir debout. L’orthopractie essaye de soulager celui qui souffre en le traitant debout.   (1)

 

III.             Définition

 

L’orthopractie ( des mots grecs : ortho ( droit ), et prattein ( faire, agir) ) repose donc sur les bases d’un geste exclusivement manuel, associé et renforcé par des bilans et des tests cliniques posturaux ( FUKUDA, ROMBERG, COVER TEST, etc……) et aussi par des examens stabilométriques.

A l’inverse de toutes les thérapies manuelles qui soignent les sujets couchés ou assis, nous traitons le patient debout, dans sa verticale de gravité du moment.

Il n’y a aucune manipulation articulaire de type directe ou indirecte, pas de mobilisation par bras de levier avec lois biomécaniques, pas d’étirements musculo-tendineux.

Le geste s’effectue via la peau, sur les muscles, tendons, apophyses épineuses, avec la pulpe de l’extrémité des doigts ou avec le dos de l’articulation interphalangienne ( P1/P2).

Nous traitons aussi bien les états inflammatoires que les états chroniques ; cette méthode s’adapte à tous y compris aux enfants, aux personnes âgées et aux femmes enceintes.

La technique est sure, très douce, et le nombre de séances varie de 1 à 4 selon l’ancienneté des dysfonctions et la faculté de réaction du patient.

 

IV.              Hypothèse

 

La peau recouvrant l’ ensemble du corps est un capteur extrêmement sensible, donnant des informations précises pour notre régulation posturale ( 2 ) 

A l’heure actuelle, nous savons que des stimulations sur des récepteurs tendineux et cutanés plantaires font varier de façon sensible le centre de pression des sujets. Ce, dans des conditions expérimentales précises et rigoureuses. ( 3 )

D’autre part, en tant que thérapeute, nous constatons quotidiennement l’efficacité de l’orthopractie sur nos patients. La perception qu’ils ont de leurs douleurs ou de leurs gènes fonctionnelles s’en trouvent modifiées, de même que les tensions musculaires perçues à la palpation. Les tests posturaux (notamment celui de FUKUDA ) sont très souvent changés

Tous ces paramètres sont empreints d’une grande subjectivité, et il est difficile par manque de temps et de moyens d’analyser plus objectivement les effets de nos stimulations manuelles sur nos patients.

L’évaluation sur une plate-forme de stabilomètrie nous semble être un moyen beaucoup plus objectif pour affirmer et mettre en valeur ces modifications posturales.

 

V.                 Population

 

1.      Critères d’inclusion dans l’étude

L’étude porte sur des patients porteurs de pathologies musculo-articulaire ( type lombalgies, gonalgies…). Tous sont adultes et volontaires.

 

2.      Caractéristiques de la population

Deux types d’étude sont réalisés :

§         En statique sur une population comportant 12 patients ( 11 hommes et 1 femme ) âgés de 22 à 66 ( âge moyen : 41ans) 

§         En dynamique : sue une population de 6 sujets ( 4 hommes et 2 femmes ) âgés de 31 à 50 ans ( âge moyen : 38.5 ans)

 

VI.              Matériel et méthode

 

1.      Matériel

 

Une plate forme de stabilomètrie de type Satel ( Blagnac 31700) est connectée en « on-line » à un programme informatique.

 

Les paramètres mesurés en statique sont : la surface, la longueur totale, la longueur en x, en y, l’énergie totale, les énergies en x et en y.

Les paramètres mesurés en dynamique sont : la longueur en x ou en y, les pourcentages de répartition énergétique par bande de fréquence

2.      Méthode

 

q       Enregistrements statiques

 

v     Première mesure :

 

Durant 51,2  secondes ( acquisition à 40 Hz)

Le sujet se trouve debout sur la plate-forme, les yeux ouverts, avec un fil à plomb comme référence visuelle situé à 90 cm de lui, le plus détendu possible, mâchoire en occlusion normale. ( l’environnement n’est pas normalisé )

 

v     Deuxième mesure :

 

Aussitôt après la première mais le sujet doit fermer les yeux.

Les deux mesures s’effectuent avant que le patient ne reçoive une séance d’orthopractie.

 

v     Troisième mesure

 

Cette mesure s’effectue les yeux ouverts juste après avoir reçu des stimulations manuelles sur des points précis (annexes),. Ceux-ci étant systématiquement travaillés, les manœuvres peuvent être répétées plusieurs fois et d’autres points ajoutés en fonction des sensations tactiles du thérapeute.

 

v     Quatrième mesure si nécessaire

De même, mais le patient a les yeux fermés  le patient a les yeux fermés

.

v     Cinquième mesure

 

15 jours après la séance d’orthopractie, le patient ayant les yeux ouverts.

 

v     Sixième mesure

 

De même les yeux fermés.

 

q       Enregistrements dynamiques

 

Les enregistrements sont effectués avec plateau instable à un seul degré de liberté de mouvement (4). Ce durant 25.6 secondes avec référence visuelle d’un fil à plomb à 90 cm.

(environnement non normalisé)

            4 enregistrements sont réalisés avant traitement

v     En équilibre antéro-postérieur yeux ouverts

v     En équilibre antéro-postérieur yeux fermés

v     En équilibre latéral yeux ouverts

v     En équilibre latéral yeux fermés

 

Les 4 mêmes enregistrements sont réalisés 15 jours après.

 

Tous les enregistrements ( J1 et J15) sont réalisés à la même heure. De plus les patients n’ont eu aucun changement notable dans leur vie quotidienne entre ces deux séries de mesures ( prise de médicaments, autre traitement, blessures…)

VII.           Statistiques

 

Les statistiques sont effectuées selon le test des rangs de Wilcoxon pour 3 échantillons appariés ( « Wilcoxon signed rank test » )  (5)

 

VIII.        Résultats

 

1. Résultats des enregistrements statiques

 

q       Longueur totale les yeux fermés

 

 

Avant

Après

15 j après

871,11

726 **

853,58

 

 

On observe une diminution hautement significative ( p < 0.01 ; ** ) de la longueur totale lorsque le sujet a les yeux fermés juste après une séance d’orthopractie. ( 871.11 ± 237 versus 726 ± 242.75.)

 

 

 

 

q       Longueur en y yeux fermés

   

Avant

Après

15 j après

587,78

502,79 *

592,66

 

On observe une diminution significative ( p < 0.05 ; * ) de la longueur en y  lorsque le sujet a les yeux fermés juste après une séance d’orthopractie. ( 587.78 ± 130.12 versus 592.66 ± 160.80.)

 

 

 

q       Energie totale utilisée en droite / gauche yeux fermés

 

 

 

Avant

Après

15 j après

90,14

83,07

60,55 *

 

 

 

On observe une diminution significative ( p < 0.05 ; * ) de l’énergie utilisée en droite / gauche lorsque le sujet a les yeux fermés 15 jours après une séance d’orthopractie. ( 90.14 ± 73.40 versus 60.55 ± 41.19.)

 

 

 

 

 

2.      Résultats des enregistrements dynamiques

 

 

q       Pourcentage d’utilisation énergétique par bandes de fréquences ( de 0 à 0.5 Hz et de 0.5 à 2 Hz ) les yeux fermés en  antéro-postérieur

 

avant

après

0 à 0,5 Hz

72,4

78,82 *

0,5 à 2 Hz

27,01

20,68 *

On observe une augmentation significative du pourcentage d’utilisation dans la bande de 0 à 0.5 hertz et une diminution significative du pourcentage d’utilisation dans la bande de 0.5 à 2 hertz.

 

  q       Pourcentage d’utilisation énergétique par bandes de fréquences ( de 0 à 0.5 Hz et de 0.5 à 2 Hz ) les yeux ouverts en latéral.

 

 

Avant

15 jours

0 à 0,5 Hz

58,17

74,73*

0,5 à 2 Hz

40,93

24,56*

 

On observe une augmentation significative du pourcentage d’utilisation dans la bande de 0 à 0.5 hertz et une diminution significative du pourcentage d’utilisation dans la bande de 0.5 à 2 hertz.

 

q       Longueur en x les yeux fermés

 

 

Avant

15 jours

1082

802

 

 

On observe une diminution significative ( p< 0.05 ) de la longueur en x lorsque le sujet a ses yeux fermés 15 jours après une séance d’orthopractie. ( 1082 ± 245.86 versus 802 ± 230.58. )

 

 

 

 

IX.              Discussion

 

            Dans cette étude, nous avons pu démontrer que l’orthopractie modifie certains paramètres de stabilométrie en statique les yeux fermés.

 

            Ce dans les secondes qui suivent la séance, mais aussi 15 jours après.

            L’absence de modification significative les yeux ouverts pourrait être due à la luminosité de la pièce qui a perturbé certains sujets lors des enregistrements.

            Les modifications observées les yeux fermés renforcent l’idée de notre action qualitative sur les capteurs proprioceptifs et cutanés .

 

            L’enregistrement dynamique montre la durabilité de l’effet d’une séance à 15 jours, mais aussi sa qualité avec notamment la modification du pourcentage d’utilisation par bandes de fréquences.

            En effet, nous constatons un « shift » de la transformée de Fourrier vers les boucles longues de régulation sensori-motrice.

 

 

X.                 Conclusion

Les modifications stabilométriques engendrées par une séance d’orthopractie

rejoignent ce que nous constatons quotidiennement en cabinet.

 

            A savoir une amélioration parfois immédiate et croissante du bien-être et de la stabilité des patients. Cette étude renforce aussi l’hypothèse d’une action globale sur la régulation posturale de nos patients, dépassant ainsi le cadre d’un traitement de dysfonction analytique.

           

            Il serait bon de poursuivre ce genre d’étude en modifiant certains paramètres ( population, conditions d’enregistrement, … ) afin qu’une méthode aussi sure et efficace que l’orthopractie soit davantage reconnue et bénéficie au plus grand nombre.

 

XI.              Annexes

 Les points utilisés de façon commune à chaque patients.

  1. Court fléchisseur plantaire
  2. Malléole externe
  3. Pédieux
  4. Extenseur propre du 1er orteil
  5. Jambier antérieur
  6. Jambier postérieur
  7. Jumeaux externe
  8. Ligament latéral interne
  9. Tête de péroné
  10. Adducteur
  11. Grand trochanter
  12. Sacro-iliaque ( deux techniques )
  13. Colonne vertébrale

§         L5

§         L3

§         D12 , D8

§         D4, D5

§         Angulaire

§         Rhomboïde

§         C3

§         CO, Occiput

  1. Viscéral

§                     Grande manœuvre abdominale

§                     Manœuvre des «  reins » bilatérale

 

  1. Crânien

§         ATM

§         Temporaux antérieur et postérieur

§         Grands obliques

§         Droit externe

§         Sus hyoïdien

 

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