Bien que le terme générique d’Orthopractie ne soit utilisé que depuis quelques années par les Praticiens spécialisés, son idée est dans l’air depuis la nuit des temps.

 

Depuis qu’il a acquis la bipédie, en se dressant au dessus des herbes de la savane ou plus certainement en descendant des arbres et en dépassant la référence à la position assise, l’Homme a aussi découvert qu’il pouvait souffrir de sa nouvelle condition anti-gravitationnelle.

Le monde terrestre pèse sur nos frêles épaules ; la pesanteur met notre corps en flexion et nous passons notre temps à y résister aussi bien que possible avec le tonus de nos muscles extenseurs.

Il ne fait aucun doute que, victime de ces nouvelles conditions, l’Homme a alors demandé à son prochain d’essayer, à l’occasion, de le débarrasser de ses douleurs : la main s’imposant vraisemblablement comme le premier outil thérapeutique.

 

Plus près de nous, Chinois, Egyptiens comme l'a rapporté Boris Dolto ou encore Tibétains comme l'a souligné P. Nogier mettaient déjà (empiriquement ?) leurs patients dans un contexte gravitaire spécifique en utilisant des techniques  de thérapie manuelle apparentées...

 

Sur les terres d’un Massif Central riche de tradition empirique à l’image d’un Pierre Brioude, dit «Pierrounet de Nasbinals », berger de son état, qui défraya la chronique médico-pénale au début du siècle dernier avant que ses concitoyens ne lui dressent, en 1910, une statue sur la place de ce bourg des confins de l'Aubrac, deux contemporains se sont taillés une solide réputation thérapeutique au cœur du Livradois.

 

Religieuse auprès de la cure de Grandrif, Sœur "Gérard "Chabrit était reconnue pour avoir reçu un "don de guérir " avec ses mains et elle l'a prodigué auprès d’une large population régionale jusque dans les années soixante.

 

 

Initié par ses soins dans les années d’après guerre alors qu’il devenait en même temps Docteur en Pharmacie, Jean Moneyron (1923-1994) a rapidement délaissé l’officine familiale et la pharmacopée pour exercer cet art.  Devenu kinésithérapeute en 1967, il s'est dès lors consacré avec bonheur à l’exercice de ces gestes qui soignent jusqu’à son départ à la retraite en 1989.

De 1968 à 1989, il a partagé à son tour initiation et connaissance avec Jean-Luc Safin son unique collaborateur et associé.

 

En d’autres lieux et à la même époque, J.F Baron, Fukuda, Ushio, Bourdiol, Da Cunha, Meyer, Gagey ou encore Nashner (et bien d’autres) font avancer une posturologie moderne qui se donne globalement pour cible un Homme qui souffre à se tenir debout, aussi bien de l’appareil musculo-squelettique qui le porte que du système nerveux central qui contrôle son statut orthograde.

C'est un Homme qui a perdu la solution multimodale qui lui permet normalement d’évoluer sans peine (et sans se poser de question) dans un environnement terrestre soumis à la pesanteur  : les signaux de sa souffrance sont dans le même registre, abondants et variés.

 

Autrement dit, pendant que certains prennent sans le savoir la précaution de laisser l'Homme debout pour mieux le soigner, d’autres essayent dans le même temps de mesurer les plaintes d’un même individu qui n’arrive plus à se tenir debout dans le confort  et dans l'économie de son énergie élastique naturelle.

Faire fusionner ces deux disciplines devenait incontournable ; quelques années de réflexion et de mûrissement auront été nécessaires pour l’organiser

 

Le respect de ces gestes traditionnels ancestraux, le fruit du partage empirique permanent de ce travail que Bourdiol et Nogier ont baptisé «méthode Moneyron » en 1972, ignorants qu'ils étaient de la filiation historique, le recul de dizaines de milliers de cas cliniques communs confrontés aujourd'hui à l’avancée des connaissances en Neurosciences ont permis l’éclosion de l’actuelle Orthopractie (orthos :droit  et praksis : action ordonnée vers) qui apparaît comme une avancée majeure dans le domaine des thérapies manuelles.

 

 

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