Histoire de la stabilométrie

 

Pierre-Marie GAGEY

Institut de Posturologie, Paris

 

Les découvertes et les erreurs . de nos maîtres à penser sont comme des marchepieds de notre histoire, elles nous servent à nous hisser plus haut.

 

Alors que les découvertes de nos maîtres sont en général abondamment commentées, leurs erreurs, par contre, sont souvent passées sous silence. Il est pourtant aussi important de connaître ces erreurs, au minimum pour ne pas les répéter, qu'il est utile de comprendre les raisons de leur succès pour les imiter.

 

En taisant ses évidences, Descartes a protégé sa tranquillité, mais est-ce la meilleure façon de faire avancer l'histoire?

 

Borelli a dessiné, ce qui lui a permis d'échapper aux pièges du discours dans lesquels s'est empêtré Charles Bell en suivant la pensée à la mode de son temps.

 

Claude Bernard s'est fait piégé par le rationalisme de son époque au point de tenir des propos pour le moins ambiguës sur les rapports entre le réel et la raison, dont Henri Poincaré a souligné l'erreur.

 

Jean-Bernard Baron à force de ne pas savoir dire a fini par penser qu'il ne fallait pas dire... Et pourtant il a trouvé des choses tellement nouvelles qu'il faut à tout prix les dire.

 

Ces erreurs de nos maîtres à penser ne les ont pas empêché, malgré tout, de faire avancer la connaissance, ce qui est finalement assez réconfortant !

 

 

 


MALADIES NEUROMUSCULAIRES

ESSAI COMPARATIF LOCOMETRIQUE ENTRE

DEUX DISPOSITIFS ORTHETIQUES DE CHEVILLE

 

Ph. GILLARDEAU - O. DUBOURG - D.T. NGUYEN - H. TEYSSEDRE

 

 

 

Différentes constatations permettent de souligner l'inefficacité relative des releveurs statiques du pied communément prescrits dans les instabilités cheville/pied, les maladies neuromusculaires

 

 

d'inobservance du port, les effets contraires rencontrés, et le besoin exprimé de mobilité, voire d'activités sportives.

 

 

La fréquence du steppage et de l'instabilité d'appui associés à la morbidité des douleurs et des crampes mécaniques distales dans la maladie de Charcot Marie Tooth (CMT) rend nécessaire u n dispositif de soutien et de contrôle.

 

 

Le dispositif étudié comprend une coque thermoformée avec tige articulée par une rotule sur u n vérin fixé sur une embrase.

 

 

L'étude prospective compare les bilans locométriques de deux séries composées des mêmes patients appareillés successivement d'un releveur statique standard et du nouveau dispositif de façon bilatérale.

 

 

Les résultats mettent en évidence une amélioration significative de la vitesse de marche (+1,11 m/h) obtenu par gain de longueur de l'enjambée et de la cadence. La comparaison de la longueur du pas du côté appareillé ne montre pas de différence contrairement au côté non appareillé, ce qui permet d'évoquer le rôle de stabilisation à la phase d'appui sur la longueur du pas opposé. Aucune modification de l'asymétrie des pas n'est notée.

 

 

Outre le changement de l'organisation spatiale, on assiste à une amélioration significative de l'organisation temporelle avec une diminution de la durée absolue et relative de l'appui bipodal, de la durée relative du ramener du côté appareillé (surcorrection) et une augmentation de la durée relative du balancement. Le pourcentage de temps d'appui reste comparable quelque soit le côté.

 

 

 

                 Nos ancêtres n'ont jamais été ni arboricoles, ni quadrupèdes: Ils se tenaient déjà debout

 

Yvette DELOISON

 

Bien que le mode de locomotion n'ait pas été inauguré par l'homme puisqu'un lézard était déjà bipède dès l'ère primaire, le type humain de bipédie lui est propre. En conséquence, l'analyse anatomique des os des pieds des premiers hominidés permet de déterminer leur mode de locomotion et donc leur attitude corporelle.

 

L'étude des australopithèques et particulièrement celle d'un squelette complet découvert à Sterkfontein en Afrique du Sud comparés à l'homme et aux grands singes : chimpanzés, gorilles, orangs-outants, m'a permis d'aboutir à une nouvelle hypothèse sur l'origine de cette bipédie humaine. Il en découle que l'homme n'a jamais eu d'ancêtre ni arboricole ni quadrupède. Ses lointains aïeux ainsi que ceux des australopithèques et des grands singes étaient déjà bipèdes !

 

 


Aspects cliniques de la proprioception

 

Philippe Thoumie

 

Le terme de proprioception renvoie à la perception du sens de position des segments de membre à partir d'afférences musculaires, articulaires et cutanées.

 

En pratique clinique, ce sens peut être évalué au niveau conscient ou inconscient. Au niveau conscient peuvent être évalués les sens de position ou le sens de déplacement des segments de membre. Au niveau inconscient, le clinicien doit apprécier l'intégration de la proprioception dans une activité privilégiée: la préhension au membre supérieur, l'équilibre la marche ou toute autre activité en charge au membre inférieur.

 

Les méthodes d'évaluation ne sont pas universelles suivant que l'on s'intéresse aux altérations fines de la proprioception, telles celles observées au cours des affections de l'appareil locomoteur, ou aux altérations grossières d'origine neurologique. La mise en évidence d'une diminution de la proprioception après lésion de l'appareil locomoteur se heurte en particulier à la difficulté d'estimer précisément le sens de position articulaire. Les tests cliniques pourront être complétés par des évaluations instrumentales dont le choix sera également dépendant du degré d'atteinte recherché.

 

 

 

                          Pertinence de l'analyse stabilométrique dans le traitement de la lombalgie

non spécifique

 

Jean Luc SAFIN, MK

 

Toutes les études s'accordent à dire que l'âge, le sexe des patients, les anomalies anatomiques, les troubles statiques ne peuvent être considérés comme des critères de classification validés d'une lombalgie commune, qui a été aussi bien rééduquée en étirement de la vchaîne postérieure (Mézières) ou en cyphose (Williams), avant de l'être en lordose (Mac Kenzie). Le mécanisme physiopathologique de la lombalgie commune demeure inconnu, bien qu'elle représente six des vingt millions de consultations annuelles de médecine générale.

 

Peut-être faudrait-il chercher dans la symbolique populaire, celle de la "vertèbre déplacée" ou du "tour de reins", de la "faiblesse de reins" des chinois, du "coup de la sorcière" des Allemands ou des Italiens, une lecture, pourquoi pas plus appropriée, de cette pathologie.

 

L'Homme possède en effet un corps en interaction permanente avec l'environnement. Pour construire et mobiliser une posture qui doit beaucoup au tonus des muscles antigravitaires spinaux, il doit construire une représentation du corps et de son environnement qui n'est rien d'autre que sa propre réalité, vue à travers la vérité relative de ses référentiels posturaux.

 

Si percevoir, c'est décider (Berthoz), le "je suis bloqué", apparaît alors à l'image d'une perte de la flexibilité des choix, et illustre une discongruence neurosensorielle subite ou installée, qui interdit l'actualisation en temps réel des cartes corticales somesthésiques. Cette hypothèse semblant corroborée par l'orientation actuelle du traitement qui privilégie une poursuite des activités de mouvement, riches de sensorimotricité, aux dépends de l'alitement (Back Book). Bien qu'il ne fasse aucun doute que le lombalgique doit donner un sens à sa souffrance pour libérer son soma, il ne semble pas, malgré son abondance et une qualité sans cesse croissante, que l'imagerie actuelle, en livrant sans mode d'emploi les habituels processus structurels au système limbique de notre lombalgique, l'y aide autant qu'il y paraît.

 

Puisque schéma corporel et proprioception semblent perturbés chez le lombalgique, l'analyse stabilométrique, par la lecture "tête aux pieds" d'un conflit sensoriel décompensé, est-elle à même de donner une meilleure vision de cette douloureuse réalité, avant d'orienter vers des traitements privilégiant une approche neurosensorielle de la lombalgie commune.


                                                ETUDE ET VALIDATION DU TEST CLINIQUE

                                                D'ANTEPULSION PASSIVE

                                                         OBJECTIVATION INSTRUMENTALE

 

Valérie LEBLANC,

Sylvie Villeneuve, Philippe Villeneuve, Philippe Thoumie

 

Dans le cadre de mon avant-projet de maîtrise en kinantropologie, dans le service du Professeur Jean Boucher à l'UQAM, je me suis intéressée avec Philippe Villeneuve au test d'antépulsion passive, afin de le renforcer grâce à des mesures instrumentales. Ce test validé depuis 2001 (Villeneuve S. et al) s'est révélé être reproductible et discriminatif et pourrait être prédictif de la chute chez les personnes âgées. L'objectif de ce mémoire est de renforcer la validité de ce test clinique et d'en préciser ses limites, grâce à l'utilisation de mesures instrumentales.

 

Dans le laboratoire du Professeur Philippe Thoumie, nous avons volontairement limité notre sélection à des sujets sains de 25 à 55 ans pour produire chez eux de façon prédictive la stratégie de hanche ou de cheville à l'aide de deux plateaux superposés et dissociables (plateau entier, demi plateau). Notre étude préliminaire concerne 8 sujets, comprenant 5 hommes et 3 femmes. Leur taille moyenne est de lm74 ± 12cm.

 

nous avons effectué plusieurs enregistrements sur des supports plantaires différents : résine de deux épaisseurs (1,2 mm et 4,8 mm) sous les avant-pieds, une mousse de 10 cm et le plateau dynamique de Bessou.

 

En arrière du sujet, nous avons accroché les fils de deux ataxiomètres mesurant, dans le plan sagittal, le déplacement de son bassin et de sa tête.

 

Le test d'antépulsion passive étant exécuté par un seul examinateur expert et indépendant.

 

Si chacune des courbes représentant les déplacements du bassin et de la tête montrent une avancée des deux ataxiomètres, alors on peut conclure que le sujet est en stratégie de cheville. Lors de la manoeuvre d'antépulsion passive, la tête et le bassin avancent.

 

Par contre, lorsque les deux courbes sont de sens contraire, la courbe de la tête avance et celle du bassin recule, alors on peut conclure que le sujet est en stratégie de hanche.

 

Nous pouvons donc objectiver et discriminer instrumentalement les deux stratégies d'équilibration.

 

Ensuite, nous avons regroupé les feuilles de recueil clinique puis comparé nos résultats cliniques et instrumentaux.

 

Nous avons constaté que les résultats instrumentaux et cliniques sur supports immobiles et durs (plateau entier, demi-plateau résines) sont étroitement comparables à 95,83%, alors que sur supports mobiles et mous (, mousse et plateau de Bessou), les deux résultats sont peu comparables (47,92%), ce qui laisserait présager des stratégies d'équilibration mixtes ou des limitations d'interprétation instrumentale.

 


 

                          Contrainte mécaniques externes exercées sur le corps et conception du produit »,

Simon Bouisset

Professeur émérite

 

< Quand il exécute un mouvement, l'homme, comme l'animal d'ailleurs, est soumis à ces lois impérieuses, que sont les lois de la Mécanique, ou lois de Newton. Les forces qui sont prises en considération sont les forces dites extérieures. Par exemple, lorsque le corps est considéré dans son ensemble, les forces extérieures sont la gravité et les réactions développées à l'interface entre le corps et son environnement physique. Celles-ci peuvent être variées : réaction du sol dans le cas le plus simple, ou assise et repose-pieds d'un siège, etc... Ce type d'interface se caractérise par des propriétés mécaniques de rigidité et de friction. Le présent exposé est centré sur les effets de l'adhérence, dont on se propose de présenter les principaux effets sur la posture et le mouvement.

Après une définition des notions de friction et d'adhérence, on présentera le concept de « Capacité Posturo-Cinétique » (CPC) qui constitue en quelque soi-te la toile de fond de l'exposé. En se fondant sur deux exemples particuliers, la locomotion (marche et course) et la production d'un effort, on montrera les effets de l'adhérence sur les patrons biomécaniques et la performance. On argumentera, à partir de ces données, sur la conception des produits, et notamment celle de chaussures. »

La respiration perturbe-t-elle davantage la posture chez les sujets lombalgiques ?

 

Alain Hamaoui

Laboratoire de Physiologie du Mouvement INSERM U 483

Université Paris-Sud, Orsay (France)

alain.hamaoui@wannadoo.fr

 

Article de référence : « Does respiration perturb body balance more in chronic low back pain subjects than in healthy subjects ? » A. Hamaoui, M.C. Do, L.Poupard, S. Bouisset ; Clinical Biomechanics 17 (2002) 548-550

 

En posture debout, l'homme est soumis à des forces destabilisatrices d'origine endogène telles que les mouvements péristaltiques, les battements cardiaques et les cycles respiratoires. Pour que l'équilibre postural soit maintenu, ces forces doivent être compensées, par des mouvements contre perturbateurs. Gurfinkel et al. (1971) ont montré que la compensation de la respiration impliquait la mobilité du rachis et des hanches, puis Kantor et al. (2001) et Hodges et al. (2002) ont mis en évidence l'implication plus spécifique de la mobilité du rachis lombaire.

 

Chez le sujet lombalgique, il a fréquemment été montré une diminution de la mobilité du rachis lombaire (Mayer et al., 1984), qui pourrait ainsi affecter la compensation de la perturbation respiratoire. Ce manque de compensation devrait se traduire par une plus grande composante respiratoire dans les déplacements du centre de pressions, pouvant être à l'origine de l'augmentation des oscillations posturales déjà démontrées chez le lombalgique (Byl et Sinnot, 1988).

 

Le but de cette étude a été de déterminer si la respiration perturbe davantage la posture chez les sujets lombalgiques. A cet effet, il a été effectué une étude de paramètres posturographiques et respiratoires chez un groupe de 10 sujets lombalgiques comparativement à un groupe contrôle de 10 sujets sains.

 

Les résultats ont montré que les déplacements du CP sont augmentés chez les lombalgiques, principalement selon l'axe antéro-postérieur, où la perturbation respiratoire est la plus importante. Par ailleurs les déplacements du CP ont été davantage augmentés chez le groupe lombalgique, lors de la majoration de la perturbation respiratoire (respiration à fréquence rapide).

 

Ainsi, la respiration paraît davantage perturber la posture chez les sujets lombalgiques. Des travaux complémentaires devront déterminer dans quelle mesure la perte de mobilité rachidienne est impliquée dans ce phénomène.

 


 

                                  Etude comparée des stratégies respiratoires de chanteurs lyriques

professionnels et de débutants.

 

Aurélie Lassalle,

Marie-Noelle Grini, Benoît Amy de la Bretèque, Antoine Giovanni, Maurice Ouaknine

UPRES EA 2668. La Timone. Marseille.

 

L'apprentissage du chant lyrique repose principalement sur la maîtrise sensori-motrice des différents étages de l'appareil vocal : la soufflerie (les poumons), le vibrateur, (les cordes vocales) et les résonateurs (cavité pharyngo--buccale). Cette étude, concerne le travail respiratoire qui gouverne la soufflerie. Lorsque la production sonore est intense, la modulation respiratoire est multi-déterminée. Les chanteurs font face à cette complexité par des moyens qui diffèrent selon la stratégie mise en oeuvre et qui se stabilise avec l'entraînement.

 

Nous avons étudié l'activité ventilatoire lors d'une émission vocale chantée chez 7 chanteuses professionnelles et 6 chanteuses débutantes, tous sujets sans antécédents vocaux. Nous avons quantifié l'activité EMG des muscles abdominaux grands droits, obliques externes et transverses détectée par électrodes de surface. Nous avons également étudié les mouvements corrélés de la cage thoracique à l'aide de ceintures à capteurs de pression disposés au niveau de la zone suspubienne, de la zone ombilico-épigastrique et de la zone sub-thoracique. Les chanteuses exécutaient d'abord des vocalises sur [i] puis un air extrait d'un vaccaï.

 

Nous avons observé que : a) les chanteuses professionnelles inhibent l'activité des grands droits et utilisent principalement leurs muscles obliques externes et transverses. Et b) les débutantes, différemment, travaillent de façon intensive avec les grands droits abdominaux. La première stratégie préserve l'ouverture de la cage thoracique et permet un souffle expiratoire plus long. La stratégie des débutantes entraîne la fermeture de la cage et raccourcit le souffle expiratoire. Ces différences de stratégie sont interprétées dans le sens classique de Bernstein recherche de l'économie et d la précision du mouvement par réduction de ses degrés de liberté. Ces premiers résultats appellent des quantifications qui mettront en corrélation les modulations du flux ventilatoire et les modulations des travaux musculaires.

 

 

 


 

                                     Quels sont les paramètres biomécaniques et électromyographiques

modifiés par le contact cutané de la chaussure

 

Marie Emmanuelle Rouchon

 

Dans la littérature, la contribution des afférents cutanés plantaires au cours de la régulation posturale ou au cours de la marche était approchée par l'intermédiaire de stimulation de nerf ou par anesthésie. L'objet de cette étude est de tester si une "stimulation naturelle ", en l'occurrence le simple contact cutané du pied avec la chaussure modifie les paramètres biomécaniques et électromyographiques de l'initiation du pas. On examinera deux conditions : "nu-pieds" et "chaussée", au cours de deux situations expérimentales, initiation de la marche normale et initiation du pas provoquée par une chute avant. Au total, 12 sujets ont participé à l'expérimentation.

 

Dans l'initiation de la marche normale, le port de chaussure ne modifie pas les paramètres cinématiques de la progression (longueur du pas, vitesse, et dates de décollement et de poser du pied pendulaire), en revanche le freinage de la chute du centre de gravité au cours de la phase pendulaire est moindre. Dans la condition "nu-pieds" l'activité EMG du Soleus du pied d'appui cesse pratiquement au même moment que le poser du pied pendulaire. Dans la condition "chaussée" l'activité EMG du Soleus du pied d'appui perdure au delà du pied pendulaire. Lorsque le sujet initie la marche avec le pied du membre d'appui nu et le pied du membre oscillant chaussé les résultats sont identiques à ceux de la condition pieds nus dans l'initiation de la marche normale et inversement.

 

Dans l'initiation du pas provoquée par une chute avant, l'exécution du pas est "automatique" et deux fois plus rapide que dans l'initiation de la marche normale. Le port de chaussure entraîne une augmentation de la longueur du pas, mais la vitesse et les dates de décollement et de poser du pied pendulaire ne changent pas. Le freinage de la chute pendant la phase pendulaire est plus important dans la condition "pieds chaussés". Dans les mêmes conditions expérimentales, l'activité EMG du Soleus du pied d'appui présente un pattern comparable à celui de l'initiation de la marche, c'est-à-dire : pieds nus, l'activité EMG cesse au même moment que le poser du pied pendulaire; pieds chaussés, elle perdure au delà du poser du pied pendulaire.

 

Le fait que les variations de certains paramètres biomécaniques selon l'axe vertical soient différentes d'une situation expérimentale à l'autre lorsque le sujet est chaussé suggère un comportement qui s'adapte en fonction du contexte.

 

L'allongement de l'activité du Soleus du pied d'appui au delà du poser du pied pendulaire, lorsque le sujet est chaussé, n'est pas dû ni au changement de positionnement des segments du corps, ni à l'augmentation des forces d'inertie liée au poids de la chaussure, ni à une précocité relative du moment du poser du pied pendulaire, ni à la préparation à l'exécution du prochain pas. Il est vraisemblablement lié au changement des entrées cutanés du pied induit par le contact de la face dorsale et plantaire du pied avec la chaussure.

 

Mots cle s : électromyogramme Soleus, pied d'appui, marche, pieds nus, pieds chaussés, contact cutané.

 

            D'une thérapie segmentaire biomécanique à une thérapie posturale neurosensorielle.

 

Jean P. Boucher, Ph.D., FACSM, et J. Lemaire (Montréal)

 

Comment concilier le réductionnisme biomécanique à l'holisme neurophysiologique sous-jacent au contrôle d'une thérapeutique fonctionnelle ? Voici le défi de cette présentation qui nous invite à comparer l'approche scientifique préconisée en recherche à l'approche clinique, dans un contexte d'une thérapie fonctionnelle. Dans un effort de comprendre les résultats cliniques et de développer des approches thérapeutiques, les thérapeutes, empreints d'empirisme, se sont tournés vers la recherche expérimentale. Forts d'un vécu clinique, campé dans une vision holistique de la personne et de la santé, les thérapeutes ont dû réduire la portée de leur questionnement afin de respecter la validité interne nécessaire à la vérification scientifique d'une question, tout en sacrifiant la validité externe nécessaire au développement de thérapeutiques efficaces. Ce conflit méthodologique et le développement de nouvelles technologies expliquent en grande partie le passage que l'on connaît, d'une approche biomécanique à une neurosensorielle. Enfin, des résultats démontreront comment ces deux approches sont complémentaires et, en fait, la biomécanique n'a d'intérêt que si elle conduit à comprendre l'expression d'une intégration neurosensorielle.

 


POST-EFFETS POSTURAUX APRES CONTRACTION VOLONTAIRE ISOMETRIQUE DE LA MUSCULATURE CERVICALE

 

 

Laboratoire de Neurobiologie Humaine , U.M.R 6149, CNRS - Université de Provence

Centre de St Jérôme, Av. Escadrille Normandie-Niemen - 13397 Marseille Cedex 13

 

L'influence des messages proprioceptifs issus des muscles de la région cervicale dans l'orientation du corps et la régulation de son équilibre n'est plus à démontrer. La sollicitation prolongée de cette entrée sensorielle par vibration induit des mouvements involontaires de l'ensemble du corps qui peuvent perdurer plusieurs minutes, voire plusieurs heures après l'arrêt de la stimulation et que l'on appelle "post-effets". Sachant qu'au niveau segmentaire des posteffets peuvent indifféremment être obtenus après une contraction volontaire ou une vibration, nous avons cherché à induire des post-effets directionnalisés de l'ensemble du corps à la suite d'une contraction isométrique de différents muscles cervicaux et à en identifier les mécanismes.

 

Dans une première étude, nous avons analysé chez 14 sujets les effets moteurs différés de la contraction isométrique volontaire des groupes splénii, trapèze supérieur et élévateur de l'omoplate à l'aide d'enregistrements posturographiques. L'hypothèse d'une origine proprioceptive. de ces post-effets a été testée dans une deuxième étude où une stimulation électrique de même durée que la contraction était appliquée au niveau du muscle élévateur.

 

Les résultats montrent qu'une réponse posturale involontaire, orientée selon le plan d'action du muscle, intervient à l'arrêt de la contraction pour les trois muscles testés et qu'elle' perdure au delà de 15 minutes. En revanche, aucun post-effet ne se manifeste après une stimulation électrique de même durée. Ces résultats sont interprétés comme la conséquence d'une modification temporaire de la "référence posturale". L'hypothèse d'une activation à long terme de structures centrales par l'augmentation du flux afférent proprioceptif qui accompagne uniquement la contraction isométrique volontaire est discutée.

 

Mots-clefs : Post-effets moteurs, posture humaine, proprioception musculaire, contraction volontaire et involontaire, stimulation électrique.

 

                          

     Asymétries posturales, verticalité et latéralités

Joël Lemaire', Jean-P Boucher 2

 

La conquête de la verticalité détermine la posture bipède caractéristique de l'espèce et sa maîtrise est la meilleure réponse de l'Homme debout au monde pesant qui l'écrase. Or l'observation journalière de cette posture impose une remarque évidente : la perte de la verticalité et les asymétries trop importantes de la posture qui l'accompagnent sont liées aux symptômes de nos patients et représentent des signes caractéristiques du Syndrome de Déficience Posturale. La mesure sur plate-forme de stabilomètrie dans un contexte normalisé (Normes 85) nous permet de connaître au millimètre près la précision du Système Postural d'Aplomb qui contrôle la posture dans l'espace. Cette précision se reflète-t-elle en mesurant la verticale spontanée? Nous avons recruté et étudié 34 sujets dont la posture a été mesurée sur plate-forme de stabilomètrie (QFP, Medicapeurs), puis sur podomètre (Pel 38, Medicapteurs) et par analyse vidéo (Biotonix) afin d'étudier les questions suivantes : Stabilomètre et podomètre produisentils les mêmes mesures, et ce, dans des conditions contextuelles différentes? Ces technologies peuvent-elles être utilisées comme marqueurs cinétiques et cinématiques de la verticalité et du contrôle de la posture? A l'occasion de cette étude nous avons aussi essayé de déterminer des relations qui devraient existées entre certains principes organisateurs de la posture debout, en étudiant en particulier, certaines conduites motrices, la répartition de l'appui au sol et la stabilisation de la tête dans l'espace.

 

1 POSTURA, St-Lambert, Québec, Canada. Z UQAM, Montréal, Québec, Canada.

 


EFFETS DE L'ELECTROSTIMULATION COMBINEE A LA

CONTRACTION MUSCULAIRE VOLONTAIRE SUR LES CAPACITES

POSTURALES DE SUJETS AGES.

 

Th Paillard '-3, C Lafont 2, R Montoya 3, Ph Dupui 3

 

1 Département STAPS Tarbes - Université de Pau et des Pays de l'Adour.

2 Unité d'Evaluation de l'Equilibre et de la Marche - Service de Médecine Interne et de

Gérontologie - CHU Purpan, Toulouse, France.

3 Laboratoire de Physiologie, Faculté de Médecine, CHU Rangueil, Toulouse, France.

 

Introduction. L'objectif était de comparer les effets de 3 méthodes de renforcement musculaire sur les capacitiés posturo-cinétiques de sujets âgés.

 

Matériels et Méthodes. Trente deux femmes âgées de 62 à 75 ans ont été randomisées en 3 groupes. Chaque groupe a réalisé un programme d'activité comportant 4 séances hebdomadaires pendant 6 semaines. Le premier groupe (ME) montait et descendait 300 marches d'escalier par séance (n=11). Le second (ES) réalisait des séances d'électrostimulation au niveau des quadriceps (n=11). Le troisième (ME+ES) combinait les 2 activités simultanément (n=10). L'équilibre statique (Plate-forme de force, Dynatronic', Dyn 50) et l'équilibre dynamique (Plate-forme mobile à bascule + ataxiamètre) ont été évalués avant et après la réalisation de chaque programme.

 

Résultats. L'équilibre dynamique antéro-postérieur a progressé (diminution de la longueur du pivot de la plate-forme mobile) (p<0.05) et les mouvements de la tête ont diminué (ataxiagramme) dans le plan latéral (p<0.05) pour les 3 groupes. Par ailleurs, la réduction de la contribution des informations visuelles dans l'équilibration est plus importante chez ME que chez ES et ME+ES (p<0.05). L'équilibre statique n'a été modifié chez aucun groupe.

 

Discussion. La diminution des mouvements du pivot et la réduction des mouvements de la tête traduisent des modifications de la stratégie d'équilibration à l'issue des

 

programmes pour les 3 groupes. L'étude des informations visuelles signifierait que l'exercice naturel améliorerait davantage la proprioception dans l'équilibration que la technique combinée. Dans cette technique, l'électrostimulation interférerait

 

probablement dans l'intégration des afférences neurophysiologiques au cours des activités posturo-cinétiques.
        EQUILIBRATION EN STATION DEBOUT HUMAINE

                          COMPOSANTES PASSIVES ET COMPOSANTES ACTIVES.

Maurice Hugon, Maurice Ouaknine.

UPRES EA 2668. La Timone. Marseille. e:ouaknine@univ-aix.fr Tel :(33) 4 91 38 66 21

 

Rappels ou nouveautés: a. Les excursions du Centre de Pression au sol encadrent les déplacements de la projection verticale du Centre de Masse ; elles déterminent le placement moyen des Centres. (1*7*).b.L'équilibration du S. obéit à la relation [AG - G) = Iâ]. (G

 

moment gravitaire CdeM/chevillés du CdeM, en Nm ; AG : moment anti-gravitaire tricipital total (pour les deux triceps). 1 moment d'inerte du CdeM ; â : son accélération. Le moment antigravitaire total [AGt) est la somme: i. du moment AGp `passif' dû au conjonctif élastique étiré par l'inclinaison posturale, ii. du moment actif [AGa] de contraction tricipitale, disposée en parallèle avec le précédent (6l`). d. Cette complexité est analysée à l'aide du `pendule inversé équivalent' (PIE) qui n'implique que la musculature et la sensorialité des jambes (3*4l').

 

Il sera rappelé: i. à quelles conditions de raideur un PIE mécanique `purement élastique" est en équilibre âo stable. Perturbé par un apport (ou retrait) d'énergie bref , le pendule oscille autour de âo de façon sinusoïdale à bilan énergétique nul (fonctionnement 'passif'). ii. que les excursions du CdeM humain ne sont pas sinusoïdales ; il s'agit d'une équilibration active non purement élastique (2*, pour nuances). iii. que AGt ne vaut que # 90% de G (3*) et ne peut empêcher une chute AV (passive) du CdeM, sauf si AGa crée un moment additionnel tel que re AG>G . La chute AV est alors freinée, puis transformée en redressement. Si le redressement dépasse âo une déactivation induisant à l'estime AG < G entraînera une chute AV de correction. Si cette correction est elle-même excessive une réactivation tricipitale freinera la chute et amorcera un nouveau relèvement .... Ces modulations sont de l'ordre de 10% de AGa, commande `tonique' de base qui vise âo en complément à AGt; elles sont centralement programmées, anticipatrices et donc ballistiques, néanmoins dosables (3*,6*, mais 8*). L'équilibre dynamique moyen âo résulte des suites de sur-activations/sous-activations de AGa.

 

Les contractions tricipitales sont déterminées en co-activation flexible par les commandes squeletto-motrices, responsables de la force de contraction du muscle et les commandes fusiinotrices qui fixent la longueur de fonctionnement et l'excitabilité des fuseaux lieu romusculaires (5*). Les travaux sur PIE ont montré que les informations issues des jambes et pieds suffisent pour déterminer la longueur d'initiation de la contraction tricipitale antigravitaire , ensuite pour organiser (avec servo-assistance ?) le développement tonique nécessaire pour réaliser l'inclinaison visée (1* et 3*). Des modulations anticipatrices et ballistiques (3l') de la double commande squeletto-motrice/fusimotrice de base porteraient le CdeM alternativement au-delà ou en deçà de l'inclinaison visée.

 

Au total l'équilibre postural sagittal sera une réalisation dynamique élastique passive, ajustée par des interventions centrales actives. Ces interventions rendront compte du caractère pseudopériodique des excursions du CdeM et du CdeP.

 

Réf. : 1 *Hugon et Ouaknine Bruxelles. 8~me réunion A.P.E. 2002. 2*Winter et al. 1998 JNeurophysiol ,p.1211...3* Loram et Lakie JPhysiol. 2002,p.1041... 4*Fitzpatrick et al. JPIzysiol. 1992, n °533. . .5* Hulliger, Rev. Physiol. Biochem. Pharmac. 1984, vol 101.6* Loranz et al. JPhysiol. 2001, p879, et 2002, p.llll. 7*. Schieppati et al Electronceph. Clin. Neurophysiol. 1994. 93 : 286-9. 8* Gatev et al. 1999. J.Physiol. 514 :915-928.

 

 

 

                                                                                              LA POSTURE DE L'HEMIPLEGIQUE : UN CONTROLE

INDEPENDANT DES MOUVEMENTS DES CENTRES DE PRESSION

PLANTAIRES

 

N Genthonl, P Rougierl, J Froger2, J Pélissier2, D Pérennou2

 

1 Laboratoire de modélisation des activités sportives, Université de Savoie, Domaine universitaire de Savoie-Technolac, 73376 Le Bourget du Lac cedex, France

 

Tel : (33) 4 79 75 81 15 - Fax (33) 4 79 75 81 48'

e-mail : nicolas.genthon@univ-savoie.fr

 

2 Unité de rééducation neurologique, CHU Montpellier-Nîmes, Centre Hélio-Marin, 30240 Le Grau du Roi.

 

Introduction : Pour maintenir leur équilibre, les sujets sains investissent simultanément et de manière similaire leurs deux appuis. Les mouvements des centres de pression (CP) plantaires s'effectuent en phase et sont synchronisés dans le plan frontal (Genthon et Rougier, 2003). Ce contrôle particulier permet de créer des mouvements frontaux du CP résultant réduits, induisant une performance posturale de bonne qualité (mouvements du centre de gravité (CG) restreints). Les patients hémiplégiques se caractérisent par un déficit unilatéral, créant une asymétrie corporelle.

 

Matériel et méthode : L'enregistrement a été effectué avec un système expérimental double plate-forme de force, permettant l'acquisition des mouvements des CP plantaires, le calcul des mouvements du CP résultant et du CG. Les sujets ont été installés debout dans une position standardisée avec un pied sur chaque plate-forme. Les fonctions d'inter-corrélations ont été calculées entre les mouvements des CP plantaires.

 

Résultats : La corrélation entre les mouvements des CP plantaires gauche et droit des patients est fortement dégradée dans le plan frontal, les mouvements étant indépendants. Chez certains patients, un décalage temporel significatif existe entre les mouvements des CP plantaires, les mouvements du CP non parétique étant en avance par rapport à l'appui parétique. La performance posturale des patients hémiplégiques est réduite.

 

Discussion : Les patients hémiplégiques emploient une stratégie de contrôle de l'équilibre investissant indépendamment leurs deux appuis. Certains patients utilisent une stratégie

 

investissant prioritairement le membre non parétique, l'appui parétique ne faisant que suivre les mouvements du premier. Cette stratégie permet de limiter la dégradation de la performance

 

posturale.

 

 

                                           EVALUATION DES HETEROPHORIES VERTICALES EN VISION DE

LOIN SUR DES SUJETS ARTHRALGIQUES ET/OU RACHIALGIQUES

DITS CHRONIQUES, ET INCIDENCE DE LEUR NORMALISATION

PAR TRAITEMENT PROPRIOCEPTIF ADAPTE

 

E. MATHERON*, P. BARLAUD**, P. d'ATHIS***

 

Une étude antérieure a montré que des hétérophories verticales (HV) en vision de loin pouvaient être, chez 90% des patients, normalisées - c'est à dire ramenées à l'orthophorie verticale (OV)par une rééducation proprioceptive adaptée ou des soins dentaires appropriés. Elle a permis d'observer, mais non d'évaluer, une diminution des symptômes évoqués en général par ces patients et des douleurs en particulier.

 

L'étude présente a évalué les phories verticales en vision de loin qualitativement (OV ou HV) à l'aide de la baguette de Maddox, avec une reproductibilité intra et inter-opérateur de 100% chez 20 volontaires évalués 2 fois par 2 praticiens, et la douleur avec une échelle visuelle analogique graduée de 0 à 10. L'évaluation a porté sur 60 sujets : 20 OV, et 40 HV avec rachialgies ou/et arthralgies chroniques.

 

La stabilité de l'orthophorie a été vérifiée immédiatement sur les 20 sujets OV, en agissant sur les différents niveaux normalisant habituellement les HV (1 niveau sur 8 a montré pour 1 sujet une HV transitoire), puis contrôlée à J14 : on a constaté 80% d'OV (intervalle de confiance IC 95% : 62,5-97,6%), chaque HV apparue ayant une explication clinique.

 

Les 40 patients HV ont été randomisés en deux groupes égaux : « traitement proprioceptif adapté plus traitement standard » et < traitement standard », puis réévalués à J 14 après 3 séances.

 

Les résultats montrent une normalisation significative des hétérophories du premier groupe avec 75% d'OV ( IC95% : 56-93% versus 0-0%), s'accompagnant d'une diminution franche de la douleur (IC95% : 3,8-5,5/10 versus 0,5-1/10) : ceci mettrait en évidence centaines entrées sensorielles ou sensitives perturbées. En cas d'échec ou de correction avec un plan de morsure, l'hypothèse d'une entrée visuelle perturbée ou d'un trouble de l'occlusion dentaire est avancée.

 

*Hasseur-kinésithérapeute, Dijon **Chirurgien-dentiste, Autun ***Stastiticien, MCU-PH, CHU de Dijon

 


Rôle de la vision selon la tâche posturale

chez des gymnastes de haut niveau.

 

Asseman F., Caron 0. et Crémieux J.

 

                                        Laboratoire Ergonomie, Sport et Performance,

                                        Université de Toulon et du Var, UFR-STAPS, _

Av. de l'Université, BP 132, 83957 La Garde cedex, France.

                                        Tel.: +33-4-9414-2617; Fax: +33-4-9414-2278.

                                               E-mail Address: assemanC?univ-tln.fr

 

Le rôle de la vision sur la stabilité posturale a été étudié dans des tâches de difficulté et de spécificité différentes. Treize gymnastes de haut niveau devaient rester le plus stable possible yeux ouverts et yeux fermés dans trois postures : Bipédale (facile et non spécifique), Unipédale (difficile et spécifique) et sur les mains en appui tendu renversé ou ATR (très difficile et très spécifique). Les variations de position du centre de pression ont permis d'estimer la performance (surface du CP) et le contrôle postural (vitesse du CP) dans chaque condition. La stabilité des sujets varie significativement entre yeux ouverts et yeux fermés uniquement en posture unipédale. Aucune relation de classement entre les performances en condition visuelle à l'autre dans cette posture unipédale n'est observée. Ainsi, non seulement la difficulté et la spécificité de la posture ne permettent pas de prédéfinir le rôle de la vision dans la stabilité posturale chez ces athlètes de haut niveau, mais aussi il existe une grande variabilité quant à l'influence de ces informations. L'influence de la vision est un phénomène complexe qui ne peut être expliqué uniquement par la difficulté et/ou la spécificité de la posture et qui doit tenir compte en plus de la variabilité individuelle.

 

 


 

ZONES CORTICALES IMPLIQUEES DANS LA PERCEPTION DE LA VERTICALITÉ

 

Christophe LOPEZ, Liliane BOREL et Michel LACOUR

 

                                     Laboratoire de Neurobiologie Intégrative et Adaptative

                                      UMR 6149 Université de Provence - CNRS. Case 361   _

                            52, Faculté des Sciences de Saint-Jérôme. 13397 Marseille Cedex 20.

 

Les études réalisées chez l'Homme en imagerie cérébrale fonctionnelle (IRMf et TEP) ont décrit les projections des afférences vestibulaires sur de nombreuses aires corticales dites vestibulaires. Il est remarquable qu'il ne semble pas exister de cortex vestibulaire primaire à proprement parler, contrairement à ce qui est décrit pour les autres modalités sensorielles . Chacune des aires impliquées est en effet décrite comme un lieu de convergence multisensorielle où aboutissent des afférences vestibulaires, proprioceptives et visuelles.

 

Les stimulations directes des récepteurs vestibulaires (stimulations galvaniques et caloriques) ou la sollicitation indirecte des voies vestibulaires (stimulations optocinétiques) réalisées chez l'Homme montrent que les aires corticales vestibulaires s'organisent en un réseau largement distribué intéressant les régions temporo-pariétales, insulaires et frontales. Pour 1 'essentiel, elles recouvrent l'aire 2v à l'extrémité de la scissure intrapariétale, l'aire 3aV au niveau du sillon central, l'aire 7 dans le lobule pariétal inférieur et le cortex vestibulaire pariéto-insulaire (CVPI).

 

Plus particulièrement, le CVPI jouerait un rôle central dans la représentation de l'espace et des déplacements du corps. En effet, l'étude de patients cérébro-lésés montre que lorsque le CVPI est atteint, ces patients présentent des troubles de la perception de la verticalité. L'activation et l'inhibition du CVPI dans différentes conditions expérimentales seraient en outre reliées à la résolution de conflits visuo-vestibulaires.

 

A la lumière de données récentes issues de l'imagerie cérébrale et de la neuropsychologie, nous nous attacherons à montrer en quoi les aires vestibulaires constituent des aires associatives hautement intégrées concourant aux mécanismes de la représentation et de la cognition spatiales.

 

 


                       PERTURBATIONS DE LA REPRESENTATION INTERNE DE L'ESPACE APRES

LESION VESTIBULAIRE DANS UNE TACHE D'INTEGRATION DE TRAJET

 

Liliane Borel], Patrick Péruch 2, Jacques Magnan3, Michel Lacourl

 

1 Laboratoire de Neurobiologie Intégrative et Adaptative, UMR 6149, Université de

Provence/CNRS, 52 Faculté des Sciences de St Jérôme, case 361, 13397 Marseille Cedex 20

2Laboratoire de Neurophysiologie et Neuropsychologie, EMI-U 9926, Université de la

Méditerranée/INSERM, Faculté de Médecine Timone, 27 Bd Jean Moulin, 13385 Marseille

Cedex 5

3Service ORL et Chirurgie Cervico-Faciale, Hôpital Nord, Chemin des Bourelly, 13015

Marseille Cedex 20

 

Le but de cette étude a été de préciser la contribution du système vestibulaire à l'élaboration et au maintien d'une représentation interne de l'espace. Les conséquences de la perte vestibulaire unilatérale sur une tâche de navigation spatiale ont été évaluées dans des situations expérimentales permettant de dissocier les effets liés 1) à l'information sensorielle disponible (visuelle, vestibulaire, proprioceptive), 2) au niveau de représentation spatiale (reproduction de trajet, production de trajet inverse ou de trajet nouveau : raccourci) et 3) au sens du déplacement (côté intact versus lésé). Les conséquences de la perte vestibulaire sur les performances spatiales ont été abordées par l'étude comparative de 7 patients vestibulo-déficients unilatéraux avant neurotomie vestibulaire unilatérale curative (NVU) et pendant le décours de la compensation (1 semaine et 1 mois), ainsi que 7 sujets témoins examinés à des intervalles de temps similaires.

 

Les patients présentent des déficits de navigation spatiale caractérisés par une dégradation de leur capacité à estimer leur déplacement (en direction et en distance) qui persiste 1 mois après NVU. La représentation spatiale est perturbée quelles que soient les informations sensorielles disponibles. Toutefois, les erreurs maximales apparaissent dans les conditions expérimentales où seules les informations vestibulaires et/ou visuelles sont disponibles et pour les épreuves les plus complexes (trajet inverse et raccourci). Enfin, la perte vestibulaire unilatérale produit une asymétrie de la performance spatiale au stade précoce après NVU.

 

L'ensemble de ces résultats témoigne d'une perturbation de l'appréciation des composantes de direction et de distance des trajets après lésion vestibulaire unilatérale. Ils soulignent le rôle du système vestibulaire dans l'élaboration d'une représentation correcte de l'environnement, en particulier pour des tâches nécessitant un niveau de représentation spatiale élevé.

 

 

 

 


 


                                                     EXAMEN DES FONCTIONS ORO-FACIALES DANS LE CADRE DE

                                                     L'ORTHODONTIE ET DE L'OCCLUSODONTOTIE

                                                                Maryvonne Fournier

 

Condition de l'examen, âge du patient, classe, fratrie, sport habituel. La posture de la langue et ses praxies : déglutition et phonation :les palatales, les sifflantes, les chuintantes, les fricatives et les labiales, en nous intéressant aux appuis musculaires de la langue et des lèvres plutôt qu'à ce qui s'entend. Les lèvres, leur tonicité en plus ou en moins. Les joues : le muscle buccinateur, sa force et son équilibre. La ventilation qui doit être naso-nasale 24 heures sur 24, sans effort, au repos et à l'effort. Les habitudes nocives : succion du pouce, des doigts ou d'un objet quelconque, têtage de la langue, mordillement d'une lèvre ou d'un objet, bruxisme centré ou excentré. Posture : tête et cou, dos et bassin, pieds.

 


 


                                                                         Réhabilitation neuro-occlusal et équilibre fonctionnel

 

Patrick A.mpen (Meaux)

 

Les rapports dentaires peuvent constituer pour vous une « entrée posturale » comme on peut le définir à partir de tests cliniques utilisés dans l'exercice de la de posturologie. A l' inverse : on montrera que la mise en place d'un appareillage d'orthodontie bien équilibré peut révéler un déséquilibre morphologique masqué par l'adaptation fonctionnelle.

 

Pour nous, en orthodontie, le diagnostic au delà de la bouche, se fera idéalement avec une analyse céphalométrique architecturale et structurale, car la morphogenèse est conditionnée non seulement par l'état du crâne (voûte et base) et l'influence directe de toutes les pièces osseuses les unes sur les autres mais aussi par l'influence des tissus. Exemple d'analyse « morpho fonctionnelle » : Les 2 Articulations temporo mandibulaires (ATM) fonctionnent en synergie mais pas souvent en parallèle lors des mouvements de latéralité mandibulaire d'un coté , il y a rotation du condyle de ce côté (travaillant) et avancée du condyle du côté opposé( non travaillant, on dira balançant). Ainsi, on peut représenter les divers niveaux de modifications anatomiques consécutifs à l'existence d'une dysmorphose anatomique ou fonctionnelle. Gola, Delaire parlent de « cascade dysmorpho - fonctionnelle » , notion qui tient compte de l'addition des troubles anatomiques et fonctionnels indissociables .. .

 

Au niveau de la bouche, Pedro Planas, a parfaitement défini un diagnostic occlusal et une thérapeutique: la rehabilitation neuro occlusale (RNO)

 

Signes cliniques à rechercher au delà de l'Occlusion statique: la notion fondamenale est: l'occlusion dynamique et l'angle fonctionnel masticatoire de Planas : AFM_P. Ces données sont complétées par l'étude des mesures d'arcades , et la position des arcades dans l'espace par v

 

l'utilisation du Gnathostat

 

La therapeutique fera appel à des meulages d'équilibration , et le plus souvent à de simples et confortables appareils amovibles de port impérativement continu sauf repas (action par « présence » ce sont de véritables « tuteurs fonctionnels », aucune force n'est exercée autre que physiologique). Les constituants en sont : des pistes de rodages, des stabilisateurs permettant une totale liberté des mouvements dentaires ( contrairement aux gouttières.), des vérins d'un pas spécifique. Cet outil thérapeutique permet l'amélioration de la mastication et, souvent, de la fonction respiratoire nasale. La forme comportant un Ascenseur lingual est indiquée en cas de dysfonction linguale

 

Cette approche, a la portée des thérapeutes de dentisterie, permet d'obtenir un meilleur équilibre occlusal mais aussi facial, chez l'enfant en croissance, d'autant plus facilement qu'il est jeune, et de décompenser chez l'adulte, un déséquilibre primaire ou bien secondair

e.

 

 


 


                Effets posturaux induits par un feedback tactile lingual

 

C Olin, A Fouilleul, P Rougier* , E Sampaio

Laboratoire Brigitte Frybourg, CNAM, Paris

*Laboratoire de Modélisation des Activités Sportives, Université de Savoie, Le Bourget du Lac

 

L'objectif de cette étude est d'établir dans quelle mesure l'utilisation d'un feedback

 

assuré par un canal sensoriel autre que visuel peut améliorer le contrôle de la station debout non

perturbée.                              -

 

Une dizaine d'adultes volontaires en bonne santé sont placés sur une plate-forme de force dynamométrique sur laquelle ils doivent se tenir debout en restant le plus stable possible. Deux conditions avec feedback (visuel et tactile) et une condition sans feedback sont proposées selon un ordre aléatoire. Les calculs de la plate-forme de force permettent de retransmettre un feedback visuel en temps réel sur un écran d'ordinateur placé devant les sujets. Le feedback tactile est lui transmis, en temps réel également, à l'aide d'une interface homme-machine développée récemment: le Tongue Display Unit (TDU). Il s'agit d'un dispositif de suppléance sensorielle qui transforme une information visuelle en une information tactile sur la langue.

 

D'une façon générale, les deux feedback, comparés à la condition de référence yeux

 

ouverts, montrent une modification sensible des stratégies d'équilibration.

 

qn

 

 

 


 


                                   ANALYSE FREQUENTIELLE DE LA STATION DEBOUT UNIPODALE.

 

Cyril Burdet, Patrice Rougier.

 

Laboratoire de Modélisation des Activités Sportives, UFR-CISM, Université de Savoie,

Domaine Scientifique de Savoie-Technolac, 73376 Le Bourget du lac cedex, France.

Tel. : +33 4 79 75 81 15

Fax : +33 4 79 75 81 48

E-mail : cyril.burdet@univ-savoie.fr

 

Introduction : Se tenir debout sur un appui est une tâche complexe, consi